Soeurs de Saint-Joseph de Cluny-France Suisse
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      Suivez la crèche...

Suivez la crèche...

Voici quelques jours, la communauté de Cluny accueillait la Père Georges Auduc pour une journée de récollection. A cette occasion, il nous a proposé de méditer sur la crèche. Partage...


Commençons par les animaux :

- d’abord le bœuf et l’âne. Des animaux courants, surtout l’âne. Mais, il y a ce passage appelant à la conversion du cœur et qui ouvre le livre d’Isaïe : « Cieux, écoutez ! Terre, prête l’oreille ! Car Dieu parle. J’ai élevé et fait grandir des fils. Mais ils se sont révoltés contre moi. Le bœuf reconnaît son bouvier et l’âne la crèche de son maître. Israël ne connaît rien. Mon peuple ne comprend rien. » ch.1 versets 2 et 3.
Par la bouche du prophète, Dieu proteste solennellement contre l’incroyance de son peuple. La crèche n’est donc pas la mémoire naïve de la nativité de Jésus, mais un cri, une critique de l’indifférence. Le bœuf et l’âne illustrent ce cri, terriblement actuel dans notre société de consommation.

- Il y a les moutons. Pas de bergers sans moutons … Dans la Bible, le peuple d’Israël, c’est le troupeau de Dieu. Dieu confie le soin de ce troupeau à des chefs, rois ou prophètes qui ne sont pas souvent à la hauteur. Parce que les hommes sont défaillants, Dieu se fait lui-même pasteur de son peuple. En témoignent, par exemple, le chapitre 34 d’Ezéchiel ou encore le psaume 23.

Nous ne sommes pas des moutons de panurge, mais des hommes et des femmes conscients d’appartenir au peuple de Dieu. Les moutons de la crèche nous le rappellent.

- Il y a aussi les chameaux, animaux familiers du désert. Pas de caravanes sans chameaux ! Nous pensons spontanément aux mages qui sont venus de loin à dos de chameaux. Grâce à ces animaux, les mages ont pu traverser des zones arides, pays de la soif. Dans la crèche, ils nous disent que nous aussi traversons le désert de la vie, lieu de tentations et de conversion.

Ainsi, la crèche associe le monde animal à celui de l’homme, en conformité avec le dessein de Dieu créateur. Parce que Dieu le veut, l’homme domine et domestique le monde animal. Il peut le faire dans la paix et l’harmonie. Il peut aussi saccager le monde animal et, en bien des cas, il ne s’en prive pas.

La crèche est une petite parabole qui nous invite à admirer et respecter toute la création. Avec les animaux de la crèche, Jésus Christ nous apparaît comme le créateur, Parole faite chair pour le bien de tous.

A la crèche, on rencontre aussi l’humanité...

- Il y a les mages venus d’orient. Ces gens-là ne sont pas des rois mais des sages, des chercheurs qui scrutent le ciel, des gens qui marchent à l’étoile, mystérieusement guidés par Dieu. Ils suivent les routes des caravanes. Ils viennent de loin. C’est sans doute à cause des cadeaux que la tradition en a fait des rois.. Surtout, la tradition a vu en eux une sorte de résumé des races humaines.

Ils signifient l’universalité de l’appel et du salut. Le cœur de l’homme est le lieu de cet appel et d’une réponse en forme de recherche. Oui, Dieu aime les païens !

Saint Matthieu nous dit qu’après avoir visité l’enfant, ils repartent par un autre chemin. D’abord pour ne pas revoir Hérode…Peut-être aussi parce que la contemplation de l’Enfant Jésus a ouvert en eux un chemin nouveau. Les mages de la crèche, c’est l’homme d’aujourd’hui. En ce temps de mondialisation, ils récapitulent, pour ainsi dire, la marche de l’humanité, la marche des païens, celle des croyants de toutes obédiences, la nôtre … N’attendons pas l’Epiphanie pour les mettre dans la crèche. Les mages, c’est nous !

- Quant aux bergers, il s’agit des pauvres et des exclus. Du temps de Jésus, on les méprise. Ils ne vont pas à l’école, ils ne fréquentent pas les synagogues, ils vivent à l’écart, loin des gens civilisés et même des gens réputés normaux. Certains les assimilent aux bêtes dont ils assurent la garde ! Or, c’est à ces exclus que Dieu accorde la priorité. Il s’adresse à eux directement par le ministère des anges. Contrairement aux mages qui passent pour des gens cultivés, les bergers sont, à tous les sens du terme, des pauvres. Or, Dieu leur parle au cœur. Dieu leur fait confiance. Il leur confie une mission : « Allez voir… allez dire… »Les bergers sont, en quelque sorte, les premiers apôtres et les premiers témoins. Les bergers témoignent de l’amour de Dieu pour les petits. A la crèche, ils représentent les exclus : nous-mêmes peut-être ! Ils sont là parce que, dans la Bible, Dieu leur donne priorité. En les mettant dans la crèche, nous nous engageons à servir les pauvres, en contradiction avec une société qui les marginalise et les exploite.

- N’oublions pas les anges, ces créatures spirituelles et mystérieuses qui sont là quand Dieu veut nous dire quelque chose d’important. Le mot ange veut dire envoyé-messager. En clair, ils jouent les intermédiaires ! Dans la Bible, ils sont aussi les adorateurs et les serviteurs du Dieu vivant. Les anges sont des créatures de Dieu comme les hommes. A la crèche, ils nous donnent à voir le monde de Dieu qui ne se réduit pas à nous !

-  Saint Joseph. Longtemps, on l’a représenté comme un vieux monsieur. Nous n’en savons rien ! Ou plutôt nous savons qu’il avait formé le projet d’épouser Marie. Or, Dieu a contrarié ce projet. Joseph en a souffert. Il a douté. Ila obéi. Joseph , c’est l’homme ajusté à ; Dieu, le juste. Dans l’évangile, il ne dit pas un mot, mais tous les verbes qui le caractérisent sont des verbes actifs. Joseph n’a rien d’une marionnette ! Parce qu’il est de la descendance de David, il va donner à Jésus son identité royale. Joseph, c’est la figure du serviteur associé au plus près à l’initiative de Dieu.

- Et Marie ! Il faudrait relire tous les passages évangéliques qui la concernent… A la messe de l’aurore, nous lisons : « Elle conservait avec soin tous ces souvenirs et les méditait dans son cœur. » Saint Luc chapitre 2, verset 19. Marie, la croyante. Marie, la priante. Ouverte à un lendemain dont elle pressentira bientôt la dureté. Le vieillard Syméon lui révélera que son fils sera un signe contesté et que le glaive traversera son âme. Marie à la crèche, c’est l’Eglise qui dit sa foi, l’Eglise qui veille, l’Eglise qui souffre et reçoit de Dieu son salut. Marie, c’est l’espérance du Jour qui vient.

- Et Jésus… c’est Dieu-Enfant, Dieu vulnérable, Dieu sur la paille, Dieu visité, Dieu contemplé. Comme tout enfant, il suggère le possible, il appelle l’avenir et, pourquoi pas, les rêves les plus fous. Comme tout enfant, il est dépendant, il doit apprendre à devenir un homme : Dieu va jusque là sans tricher ! Dieu va, pour ainsi dire, apprendre la souffrance et la mort. Jésus, c’est le pauvre, pas seulement matériellement, mais dans la fidèle obéissance à la volonté du Père. Mystère d’amour infini.

Non, la crèche n’est pas d’abord de l’art naïf, mais une parole pour vivre. L’actualité en débat ! Alors que d’aucuns voient en elle une atteinte à la laïcité (quelle laïcité ?) et que la publicité en déforme le sens, allons à l’essentiel dans une prière fervente pour ceux et celles qui voudront bien lui accorder un regard.

Père Georges AUDUC

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