Soeurs de Saint-Joseph de Cluny-France Suisse Saint-Pierre et Miquelon
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      10 Mai 2015 : Commémoration de l’abolition de l’esclavage

10 Mai 2015 : Commémoration de l’abolition de l’esclavage

La Journée Nationale des Mémoires, de la Traite, de l’Esclavage et de leur Abolition, organisée par « l’Association sur la Route des Libertés de Chamblanc à Mana », la Municipalité, a connu le succès attendu en présence de Madame la Sous-préfète de Beaune invitée pour l’évènement, ainsi que de Madame Emmanuelle Coint représentante du Conseil Général et départemental de Côte d’Or, du Maire de Chamblanc, de nombreux élus du Val de Saône, des membres de l’Association, des familles, d’amis et de la communauté des sœurs.


La forêt de la mémoire.

En Mai 2011, des descendants d’esclaves préparés à la liberté par Anne-Marie Javouhey sont venu en Bourgogne. Chacun des descendants a planté un arbre au nom de l’esclave de sa famille.

Commémoration du 10 mai 2015

Après la visite pour découvrir la vie d’Anne-Marie Javouhey à l’espace scénographique, commentée par Sœur Chantal, tous se sont rendus à pied à la « Forêt Mémoire » pour la cérémonie officielle. Les allocutions de Monsieur Michel Bourdot, Maire de Chamblanc et de Madame la Sous-préfète, Anne Frackoviak-Jacobs, ont rappelé l’importance du Décret de Abolition de L’Esclavage dans les colonies françaises en 1848 et le rôle de Sœur Anne-Marie Javouhey, dès 1838 pour l’émancipation des esclaves opprimés.

Avant le dépôt de la gerbe devant le panneau entouré pour la circonstance de drapeaux tricolores, les enfants de Chamblanc revêtus d’une cape aux couleurs des continents et les jeunes du « Conseil Municipal de Seurre » ont lu avec beaucoup de dignité des extraits d’une lettre de Mère Javouhey écrite de Mana, adressée en 1840 au Ministre de la Marine et des Cultes : l’Amiral Rosamel au sujet des esclaves qui apprenaient à devenir des hommes libres.
La Marseillaise et le chant du départ ont été interprétés par les musiciens Seurrois.

Nous nous souviendrons longtemps de ce 10 mai 2015 avec Anne-Marie, reconnue, honorée dans son village pour avoir servi la France en Guyane et accompagné un jour dans l’histoire, des enfants, des femmes et des hommes esclaves, sur un chemin de liberté.

Ce fut un moment rempli d’émotions, de découvertes et de belles rencontres qui s’est terminé par le verre de l’amitié et un pique-nique champêtre.

En savoir +

Discours lu par Monsieur Michel BOURDOT, maire de Chamblanc et président de l’association "sur les routes des libertés de Chamblanc à Mana"


Nous voici réunis aujourd’hui pour rendre hommage à la mémoire des victimes de l’esclavage et de la traite négrière, et pour commémorer l’abolition de ces tragiques institutions.
Durant plus de trois siècles, des femmes et des hommes ont entendu « de la cale monter les malédictions enchainées, les hoquettements des mourants, le bruit de l’un d’entre eux qu’on jette à la mer « 
Ces mots sont ceux d’Aimé Césaire, le poète de la négritude.
Si j’ai voulu les rappeler en ouverture de mes propos, c’est qu’ils évoquent, avec une grande puissance, la violence du crime infligé aux esclaves noirs.
Durant plus de trois siècles, des femmes et des hommes ont été achetés et vendus comme des marchandises. Ils ont été privés de liberté, comme de dignité, marqués au fer rouge, mutilés en cas d’évasion, battus pour les hommes violées pour les femmes. En un mot, ils ont été réduits à l’état d’esclave par d’autres hommes qui ont tiré profit de leur souffrance et de leur asservissement.
Aujourd’hui en ce 10 mai 2015, la France commémore l’abolition de cette abomination. Cette date est symbolique. Elle marque le jour de l’adoption à l’unanimité par le parlement de la loi dite ‘ TAUBIRA ‘ de 2001 qui reconnait la traite négriere et l’esclavage comme crime contre l’humanité. La France est le premier Etat, et reste le seul à ce jour à avoir décidé cette reconnaissance. Nous pouvons en être fiers.
Depuis 2006 le 10 mai est la journée annuelle de la mémoire de l’esclavage.
Cette journée est l’occasion de rappeler la France à son héritage, à son destin, et aux valeurs sur lesquelles repose son pacte social.
Cette abolition a été décidée en 1848.
En plein 19e siècle encore, en Guyane, un maitre pouvait, en toute légalité, infliger à une femme de 66 ans 43 coups de fouets, 5 pour avoir manqué à l’appel, 9 pour injures, et 29 pour menaces. Le maitre avait tous les droits. On ne peut qu’être frappé par l’indignité de cette barbarie au pays des droits de l’homme, héritier de l’esprit des lumières qui, quelques décennies auparavant, posait le principe de l’égalité des êtres humains.
La lutte contre ce déni d’humanité fut, elle, exemplaire. Rappelons-nous en effet que l’esclavage est alors considéré comme un fait naturel, que la capture et l’asservissement de millions d’africains sont pleinement acceptées.
Aussi il y a eu des humanistes, âmes éclairées pour porter le combat contre l’esclavage au cœur même de l’Europe, pour tendre la main de l’égalité et de la fraternité à leurs frères noirs enchainés. C’est au nom de ces valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, que des hommes et des femmes se sont élevés au-dessus de leur idéal pour prendre part à l’abolition de la traite, et de l’esclavage.
L’abbé Grégoire, Victor Schœlcher, Toussaint l’ouverture, Anne Marie Javouhey sont de ces femmes et hommes qui ont donné leur sens aux principes de liberté, de fraternité et d’égalité.
Pourquoi sommes-nous rassemblés aujourd’hui sur ce lieu de mémoire :
Ceux qui ont visites l’espace muséographique ont pu mesurer les valeurs d’Anne Marie Javouhey née en 1779 à JALLANGES passée par SEURRE puis partie vivre sa jeunesse à CHAMBLANC.
Elle s’est distinguée par son esprit d’entreprise et sa générosité. En effet dans le contexte de l’époque ce fut une femme exemplaire qui a pu s’affranchir sans violence de l’autorité parentale, de l’autorité religieuse, du poids de la suprématie masculine pour consacrer sa vie à émanciper, cultiver et libérer.
En 1807 elle a fondé la Congrégation st joseph de Cluny.
C’est à MANA en Guyane que son génie allait se révéler en travaillant à la libération des esclaves.
EN 1828 le ministère des colonies lui demanda de s’y implanter pour y réussir une colonisation la ou les autres avaient échoués. C’est ainsi qu’elle partit accompagnée d’une cinquantaine de personnes pour bâtir MANA et y installer un village expérimental pour initier à la citoyenneté.

Afin d’arracher les esclaves à leurs maitres, souvent cruels Anne Marie JAVOUHEY offrit de payer pour les racheter. Elle a voulu donner à ces gens de couleur son cœur et sa peine, car elle a su non seulement les soigner et les enseigner, mais aussi les écouter et leur donner la possibilité de vivre en homme libre. Tout ce travail aboutit le 13 mai 1838 à l’acte d’affranchissement des 185 esclaves de Mana. Soit 10 ans avant la promulgation de la loi de 1848.
C’est pour cela que suite à l’importante dynamique qui existait tant du cote de la Guyane que des départements du grand est de la France métropolitaine sur le souvenir de la traite négrière, de l’esclavage et de ses abolitions les 4 sites de la route des abolitions de l’esclavage et des droits de l’homme qui sont :
Emberménil (Meurthe et Moselle)
Abbé Grégoire – abbé du pays qui se battit pour la 1ere abolition celle du 4 Février 1794)
Château de Joux (Doubs)
Toussaint l’ouverture- fut emprisonnée et y mourut. Né esclave et devenu 1er général noir de l’armée Française, déclencheur du processus de l’abolition de l’esclavage et déporté sur les ordres de Bonaparte qui avait envoyé des troupes rétablir l’esclavage dans les colonies en 1802.
- Fessenheim ( Haut Rhin)
- Victor Schœlcher-auteur du décret d’abolition de 1848
Champagney ( Haute Saone )
- ou les habitants lançaient le 19 mars 1789 dans leur cahier de doléances un appel au roi pour faire cesser la traite négrière et l’esclavage
Ont souhaité intégrer AMJ associé à Mana à cette route des abolitions
Ce qui fut validé en juillet 2008.
Afin de faire rayonner le message de fraternité lancé par AMJ une association intitulée « sur la route des libertés de Chamblanc à Mana » réunissant principalement les communes de Jallanges – Seurre –Chamblanc avec le soutien de la Communauté de communes Rives de Saône a été créé.
Et c’est en mai 2011, année déclarée année de l’outre-mer et commémorative de la loi Taubira qu’il a été décidé d’accueillir une délégation de descendants des esclaves affranchis par AMJ en 1838 pour planter la foret mémoire en trois lieux. Jallanges village natal- Seurre ou elle fut baptisée et Chamblanc son village d’enfance ou nous sommes aujourd’hui. (Tilleuls).
Ce furent des journées d’intenses émotions.
Ces esclaves affranchis ont eu des descendants, dont le sénateur–maire de Mana, Georges Patient, dont l’ancêtre Jean-Baptiste figure sur les actes d’affranchissement de 1838. (foret Mémoire de Jallanges).
Chaque année les élèves du lycée commémorent l’abolition de l’esclavage. C’est un moyen pour l’ »équipe éducative de sensibiliser les jeunes à une page d’histoire et de les ouvrir à la réflexion sur les droits de l’homme.
L’esclavage a aujourd’hui disparu de notre pays. Mais les préjugés, les haines racistes et antisémites ne sont pas éteintes. Il faut les combattre sans relâche. Cette journée de commémoration est là pour nous rappeler qu’être silencieux devant la haine de notre prochain revient à y consentir, à l’encourager et à la renforcer. Aujourd’hui l’homme n’est toujours pas à l’abri de l’homme.
Aujourd’hui encore, dans de nombreux pays, des êtres humains, dont des enfants, sont réduits à l’état d’esclaves, victimes de la traite. Là encore, la France se doit d’être à la hauteur des principes qui fondent la Déclaration des droits de l’homme, et dont l’article 4 proclame ‘ nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude, l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Pour terminer quelques citations :
Nous pouvons ici nous souvenir de ce que disait Victor SCHOLCHER
« Disons-nous et disons à nos enfants que tant qu’il restera un esclave sur la surface de la terre, l’asservissement de cet homme est une injure permanente faite à la race humaine tout entière. »
- Gaston Monnerville petit fils d’esclave guyanais –Président du conseil de la république
Sans la sœur Javouhey je serais toujours esclave (1953 à CHAMBLANC )
- Roi Louis PHILIPPE
Anne Marie JAVOUHEY c’est un grand homme
Anne Marie JAVOUHEY
Les noirs ne sont ni sourds ni a la voix de la morale et de la religion, ni à celle de la civilisation. Fils du père commun ils sont hommes comme nous.

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