Soeurs de Saint-Joseph de Cluny-France Suisse Saint-Pierre et Miquelon
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Vie d’Anne-Marie

La vie d’Anne-Marie Javouhey.



Quelques dates clés

 

15 mars 2014 2014 par Soeurs de Saint-Joseph de Cluny-France Suisse Saint-Pierre et Miquelon

« Faites-vous toute à tous pour les gagner tous à Jésus-Christ ». Lettre 132
Anne Marie Javouhey en quelques dates

  • 1779
    10 novembre, naissance d’Anne Marie Javouhey à JALLANGES (département de Côte d’Or, Région Bourgogne, France)
    11 novembre, Baptême à l’Eglise de SEURRE
  • 1798 – 11 novembre, elle se consacre à Dieu, à CHAMBLANC, au cours d’une messe clandestine (la révolution a supprimé toutes les communautés religieuses)
  • 1800 – Septembre-novembre, essai à Besançon, chez les sœurs de la charité que Jeanne- Antide THOURET ; elle y reçoit « l »appel missionnaire ».
  • 1803 – Juillet-Octobre, essai à la Trappe de la RIEDRA, en Suisse, sous la direction de Dom DE LESTRANGE qui authentifie sa vocation de fondatrice.
  • 1805 – 14 aout, arrivée à CHALON (Saône et Loire) pour y faire, avec ses sœurs, la classe aux enfants pauvres ; rencontre avec le Pape Pie VII qui les bénit et les encourage.
  • 1806 – 20 aout, bénédiction de l’Oratoire sous le patronage de Saint Joseph ; la petite société en reçoit le nom.
    12 décembre, approbation légale de l’Association religieuse de Saint Joseph.
  • 1807 – 12 mai, fondation de la Congrégation par la prise d’habit et la Profession, à Chalon, des 4 sœurs JAVOUHEY et de 5 autres jeunes filles.
  • 1812 – 29 mai, acquisition de la maison de CLUNY ; la Congrégation prend le nom de SAINT JOSEPH DE CLUNY.
  • 1816 – Devant le succès de l’école ouverte à PARIS, le ministre des Colonies demande des sœurs pour aller outre-mer ; la vocation missionnaire de la Congrégation se précise.
  • 1817 – Premier départ de sœurs pour l’ile Bourbon ((Ile de la réunion)
  • 1819 – Départ de sœurs pour le Sénégal
  • 1822 – Départ de sœurs pour la Guyane et la Guadeloupe.
    1er février, la fondatrice part elle même pour le Sénégal, puis la Gambie et la Sierra Léone.
    Des sœurs sont envoyées en Martinique en 1824, à Saint Pierre-et-Miquelon en 1826, à Pondichéry en 1827.
  • 1828 – Départ d’Anne Marie Javouhey pour son premier séjour à MANA (Guyane) jusqu’en 1833.
  • 1835 – Avril, Chapitre de CLUNY où Monseigneur d’HERICOURT, évêque d’AUTUN, veut changer les statuts de la Congrégation (origine du conflit entre cet évêque et la fondatrice).
    26 décembre, deuxième départ de la Mère Javouhey pour MANA, où le gouvernement lui confie la préparation de 500 esclaves à la liberté.
  • 1836 – Des sœurs sont envoyées à la Trinidad
  • 1840 – 19 septembre, ordination des 3 premiers prêtres Sénégalais, formés par les soins de la fondatrice dans le petit séminaire ouvert par elle en 1825 à BAILLEUL (Oise), puis transféré à Limoux (Aude).
  • 1843 – Départ des premières sœurs en Océanie (Marquises, Tahiti)
    Aout, retour de la fondatrice en France.
    4 septembre ; privée des sacrements en Guyane, depuis septembre 1841, elle est admise à recevoir la communion à FONTAINEBLEAU.
  • 1845 – Septembre, dispersion du noviciat de CLUNY (rétabli en janvier 1846)
    Septembre, départ de sœurs vers Sainte Marie de Madagascar et Mayotte.
  • 1849 – Octobre, acquisition de la Maison Mère, au Faubourg Saint Jacques à PARIS et autorisation de l’Archevêque d’y établir le second noviciat.
  • 1851 – 15 juillet, mort d’Anne Marie Javouhey à PARIS.
    Elle laisse 1200 sœurs réparties en 140 communautés dans les 5 parties du monde.
  • 1950 – 15 octobre, béatification d’Anne Marie Javouhey par le Pape Pie XII

Chronologie extraite des Constitutions des Sœurs de saint Joseph de Cluny.



 


Sa vie, son oeuvre

 

15 mars 2014 2014 par Soeurs de Saint-Joseph de Cluny-France Suisse Saint-Pierre et Miquelon

Bienheureuse Anne-Marie Javouhey
1779—1851

Le 10 novembre 1779 naissait Anne-Marie Javouhey.

« Nanette », la fillette de Jallanges et de Chamblanc ( en Côte d’Or) bénéficie des qualités d’une nature exceptionnelle. Chez elle, l’alliage est riche. Aussi saura-t-elle inventer, innover dans l’action apostolique lorsqu’elle fondera une Congrégation, à l’âge de 28 ans. Elle sera l’humble précurseur d’une mission d’avant garde : l’éducation des peuples de couleur encore colonisés.

Son existence même sort de l’ordinaire.

Parcourir 45 000 km par mer, en voilier, pour mettre les dons de son intelligence et de son cœur à la réalisation d’une vocation missionnaire, n’était pas chose commune pour une femme, au début du XIX ème siècle. Car « appelée par Dieu à être utile à un grand nombre de malheureux » (lettre 81), elle s’efforce de répondre aux besoins de son époque. Trois révolutions (1789, 1830, 1848) jalonnent sa route. Chacune crée des situations nouvelles, chacune demande de nouvelles formes de service. Mère Javouhey entend tous les appels, en France d’abord, dans les autres continents ensuite. Ce sont des tâches multiples à assumer.

Des traits de lumière successifs lui fixent les objectifs à atteindre et les formes de service adaptées aux situations. L’ampleur de son action apostolique, qui tient « de l’audace et du génie », trouve son explication dans le leitmotiv qui figure en tête de sa correspondance : « La Sainte Volonté de Dieu ». Elle n’a pas voulu autre chose dans sa vie.

En avance sur son temps, Mère Javouhey a travaillé de toutes ses forces à la promotion humaine et chrétienne des noirs.

D’emblée, elle croit à la possibilité d’un clergé local. Aussi fait-elle préparer au sacerdoce les trois premiers prêtres sénégalais ordonnés en 1840, à Paris. En 1846, elle donne l’habit religieux à une jeune antillaise, ancienne esclave, qui vécut et mourut religieuse à Castrie (Ile sainte Lucie, mer des Caraïbes). Qui, alors, aurait pensé construire des communautés internationales de religieuses si différentes par l’origine et la culture ? Intuition prophétique des Eglises locales, signes visibles de l’universalité de l’Eglise.

A partir de 1817, Mère Javouhey envoie ses « filles » aux quatre coins du monde, malgré les vicissitudes de l’histoire.

A cause de la primauté donnée dans son action, à l’évangélisation des terres lointaines, Pie XI lui a décerné le titre de « première femme missionnaire ». Mais sous cette appellation se cache une réalité plus profonde : a la lumière de l’Evangile et sous l’emprise de l’Esprit, Mère Javouhey a compris que Dieu aime tous les hommes, sans distinction de race, de culture, de religion et de condition sociale ; que leur dignité doit être reconnue, leurs droits défendus. D’instinct, elle allait vers les plus démunis, sans pour autant délaisser les autres : c’était sa conviction profonde. Ce fut sa règle de conduite à l’égard de tous ceux que les événements plaçaient sur sa route.



 


Ses intuitions

 

15 mars 2014 2014 par Soeurs de Saint-Joseph de Cluny-France Suisse Saint-Pierre et Miquelon

Une vie dont la source est en Dieu

« Ma confiance en Dieu est toute ma force et mon espérance » Lettre d’Anne-Marie

Qui découvre l’œuvre accomplie par Anne-Marie Javouhey est rempli d’admiration et d’étonnement : comment cette femme a-t-elle pu venir à bout de pareilles tâches, à travers tant d’obstacles ? Oui, elle est comblée de dons exceptionnels mais surtout, elle puise en Dieu la force de faire reculer sans cesse les limites humaines. Elle vit ce qu’elle conseille à ses sœurs :
Le Bon Dieu vous donnera ses grâces selon vos besoins ; ne vous défiez jamais de vos forces quand vous comptez sur Lui. Dieu seul peut vous tenir lieu de tout.
Anne-Marie Javouhey

Ces dons, Anne-Marie ne les a pas gardés pour elle, elle les a mis au service de l’histoire, de la personne humaine et de l’Eglise.

Sensibilité particulière à l’histoire de son temps

Ce qui frappe dans la vie d’Anne-Marie Javouhey, c’est sa forte présence à l’histoire de son temps. Elle recommandait à ses filles d’être de leur temps pour le gagner à Jésus-Christ : en faisant cette recommandation, elle trahissait sa propre sensibilité spirituelle aux événements.

Les guerres Napoléoniennes ont dévasté la France et l’Europe. A ce fait de l’histoire, Anne-Marie répond à l’événement en créant des orphelinats et des classes pour enfants pauvres.

Quelques années plus tard, la paix revient et la vie se normalise lentement. Les émigrés reviennent de différents pays où ils se sont réfugiés. Un groupe revenu d’Angleterre rapporte dans ses bagages une méthode pédagogique intéressante. Il s’agit de rendre les élèves actifs et responsables, de confier aux plus grands quelques chose à enseigner aux plus petits. C’est le déclic qui fait réagir Anne-Marie et la méthode est adoptée dans son école.

- Vers 1817, on assiste à un regain d’intérêt de la métropole pour ses colonies. L’île Bourbon (île de la Réunion) appartient à la France qui va se soucier de ses populations. Anne-Marie est sollicitée pour un départ vers ces rives lointaines. La réponse est immédiate et c’est la manifestation d’une vocation missionnaire qui couvait sous la cendre.

- En 1819, par l’entremise du gouvernement français, les premières sœurs de Cluny s’installent au Sénégal. Le contact avec ce pays d’Afrique de l’Ouest lui fait découvrir une des plaies de cette époque : l’esclavage. La paysanne bourguignonne s’aperçoit avec horreur qu’une partie de l’humanité vend l’autre et la fait voyager dans des conditions intolérables. La vue des installations de l’île de Gorée la détermine à un combat qui va commencer très vite, il s’agit de faire les gestes qui donneront naissance à un commencement de libération des esclaves.

- 1822, la lutte pour la liberté de ces femmes et de ces hommes injustement humiliés, la conduit en Guyane. Là, de 1828 à 1833, elle apporte à l’histoire une réponse claire : les noirs sont capables d’assumer la liberté. Son oeuvre petite et localisée devient une réalité qui doit advenir : la libération de tout un continent.

- La route de la mission a traversé Alençon en France. Anne-Marie rencontre une autre souffrance de l’humanité : l’abandon des malades mentaux. Là encore, elle répond aux besoins de son temps : soigner.

Restauration de la personne humaine

Ce regard que nous venons de porter sur l’histoire nous amène à la découverte d’une autre facette du don de l’Esprit fait à la jeune fille de Chamblanc : elle perçoit douloureusement tout ce qui mutile la personne humaine, elle s’emploie à la restaurer.

C’est tout l’homme qu’il faut guérir : la personne humaine dans toutes ses dimensions… Ce sont les chemins éducatifs qu’elle a initiés ;
La personne humaine dans sa dignité… Ce combat mené pour la libération des esclaves, pour le respect des malades mentaux.
Il faut encore souligner son souci de la santé et mentionner les nombreux hôpitaux ouverts.
Il manquerait beaucoup si on ne signalait son souci constant de la promotion de l’Homme par le travail manuel.
On pourrait conclure que pour Anne-Marie à travers toutes ses œuvres, le but premier est de restaurer toute la personne sans exclure un aspect de sa personnalité. Ce service, elle veut l’offrir à tous les hommes sans distinction de culture, de nationalité…

Dans ses engagements missionnaires, elle n’oubliera jamais de toucher les cœurs.
Le secret d’Anne-Marie, son élan missionnaire riche et profond a une racine : accomplir le désir de Dieu et AIMER chaque personne.

Anne-Marie n’a pas fait de grands discours théologiques mais ses actes montrent ses convictions et témoignent pour elle.



 


Au cœur de l’Eglise

 

5 avril 2014 2014 par Soeurs de Saint-Joseph de Cluny-France Suisse Saint-Pierre et Miquelon

"J’ai le bonheur de tenir à l’Eglise du fond de mon âme. Si la congrégation devait s’écarter d’un iota des règles de l’Eglise, j’aimerais mieux qu’elle fût anéantie."
Anne Marie Javouhey

Anne Marie Javouhey, enracinée en Dieu et en Eglise

Encore adolescente, Anne Marie manifeste une vive conscience de son Baptême, de son appartenance au Peuple de Dieu.
Dès son arrivée au Sénégal, elle a le souci de susciter un clergé africain : l’Eglise, pense t’elle, ne peut s’implanter qu’avec des vocations de prêtres et religieuses autochtones. Parmi les jeunes qu’elle fait éduquer, trois sont ordonnés prêtres en 1840.

Devenue responsable de la Congrégation, elle la maintiendra, contre vents et marées, dans la fidélité à l’Eglise.

Cette Eglise qu’elle aime et q’u’elle sert de toutes ses forces, devient pour elle la cause de grandes souffrances ; alors qu’elle lutte, en Guyane, pour redonner leur dignité à des esclaves, il lui est interdit, pendant près de deux ans, de s’approcher des sacrements. En effet l’Évêque d’Autun, diocèse où se trouve Cluny, veut devenir le supérieur général de la Congrégation tandis que Mère Javouhey se sent appelée par Dieu à l’étendre au service de l’Eglise universelle.

Le 15 juillet 1950, à Saint Pierre de Rome, le pape Pie XII proclamera Anne Marie Javouhey Bienheureuse.
"Sa lumière ne s’est pas éteinte dans la nuit. Elle vit car ses filles de tous pays, de toutes nations, poursuivent, en Eglise, l’oeuvre que le Seigneur lui a confiée"



 


Evangéliser

 

5 avril 2014 2014 par Soeurs de Saint-Joseph de Cluny-France Suisse Saint-Pierre et Miquelon

A travers toutes ses activités, Mère Javouhey veut que l’être humain, en répondant à sa vocation d’enfant de Dieu, puisse s’accomplir pleinement.

En avance sur son temps, elle pratique déjà l’inculturation. Elle sait voir, dans les coutumes et traditions de tout pays, les valeurs qui sont "semence de Dieu", pierres d’attente de la vie chrétienne.

En contact avec les musulmans, elle admire leur piété, parle avec eux de religion. Serait-ce une amorce du dialogue inter-religieux actuellement reconnu nécessaire ?

En Mère Javouhey se retrouvent les dispositions d’un témoin du Christ :
- disponibilité : "Lorsque vous recevrez cette lettre, je serai en route pour aller où le Seigneur m’appelle pour sa gloire et le salut de tant de malheureux."
- espérance et confiance au-delà des apparences "Ma confiance est en Dieu ; c’est son oeuvre, il la soutiendra envers et contre tout."
- prière, écoute de la Parole de Dieu : "Nous trouverons notre force dans l’oraison, dans l’union à Dieu."
- audace et créativité, qui la fait avancer sur des voies nouvelles, traverser les mers, affronter dangers et obstacles, porter la croix.
- joie de faire l’oeuvre de Dieu



 


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